La récolte des coques en baie de Somme
Au début du moi d'octobre, la localité du Hourdel est le siège d'un important rassemblement de tracteurs! De toutes tailles, de tous âges, de couleurs variées, des tracteurs sont en attente dans les près, sur les trottoirs, sur les parkings, il y en a partout ! Mais que font-ils là? Pour le visiteur qui passe par cette localité de la pointe sud de la baie de Somme, c'est l'interrogation qui lui trottera dans la tête, jusqu'à la prochaine marée. C'est effectivement au rythme des marées que ces tracteurs durant quelques semaines tournent et s'arrêtent. La mer commence juste à se retirer par cette nuit froide et humide et voilà les véhicules agricoles qui s'agglutinent sur la route qui mène à la pointe. Bien qu'il fasse noir, qu'il pleuve fortement, les environs du port se réveillent bien avant les premières lueurs. Des voix comme des chuchotements flottent dans le noir de la nuit. Ca vibre! Tout le port vibre au rythme des lourds moteurs diesels ronronnant de plus en plus nombreux. Au noir de la nuit s'ajoute les gaz d'échappements que la pluie ne parvient pas à rabattre. Mais que se passe t'il, pourquoi tant de monde? Puis un des équipages s’échappe dans le noir. Par le bout de la pointe, vers la mer, les phares avancent. Les phares ne laissent voir que les gouttes d'eau de la pluie qui redouble. Un à un les monstres d'acier et de caoutchouc traversent le chenal dans le mettre d'eau que la marée impose. Entrant dans la baie, sur les immenses slikkes vaseuses, les tracteurs se dispersent. Chaque équipe regagne son coin, une zone où personne n'a encore gratté. Quelques minutes plus tard, c'est le travail qui commence : ratisser le sable avec un petit râteau puis passer les coquillages dans la venette (un tamis) pour sélectionner les coques. Une fois le lieu retourné, griffé, il faut vite changer de place après avoir monté les sac de nylons remplis de bivalves dans la remorque du tracteur. Au plus vite! Chaque geste compte, précis et rapide, car la marée remonte déjà et il ne faut pas traîner dans la baie au risque de ne pas pouvoir repasser le chenal. Une fois sur la pointe, chaque attelage monnaie sa récolte au près de mareyeur qui remplissent les remorques de camions espagnols. Aussi rapidement que la marée remonte, le calme réapparait sur les quais et les précieux mollusques roulent vers le sud. Il faudra attendre la marée suivante pour que le port se réveille de nouveau. « Cette année, les stocks pourraient donc être épuisés avant les fêtes, date prévue pour la fermeture. Grand site de frai et d'élevage de coques, la baie Somme permet, selon le Conseil Général, de faire vivre 100 à 200 personnes suivant les années. Les pêcheurs peuvent ramasser plus de 50 kg par marée, avant de revendre leurs prises aux alentours de 2,5 euros le kilo. Le marché s'opère directement sur les accès qui surplombent les plages. C'est là que les mareyeurs attendent le fruit du ramassage dont les trois quarts sont destinés au marché espagnol. » Trafic en baie de Somme Condanations Attaque de Picardie Nature.
Les coques
Les photographies présentées sur ce site ne sont pas libres de droit - Thierry Magniez © Educanature - thierry.magniez@free.fr
Auteur Photographe pour L'Environnement
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